Compostage : chasse aux idées reçues

Idée reçue n°1 : Le compostage ça sent mauvais

Les composteurs qui sentent mauvais sont des composteurs mal gérés. Les matières y sont tassées, le compost est trop humide, il ne respire plus et la fermentation prend le pas sur le compostage. C’est ce phénomène qui créé les mauvaises odeurs.

Pour éviter cela il suffit d’équilibrer les apports entre les matières azotées, tassées et humides (épluchures, fruits et légumes abîmés, restes de repas etc.) et les matières carbonées, sèches et brunes (branchages, broyats de bois, feuilles mortes). Pour ce faire, nous installons toujours à côté des composteurs un bac contenant du broyat de bois à introduire au fur et à mesure des apports.

Idée reçue n°2 : Le compostage ça attire les rongeurs

D’après nos observations le compostage n’attire pas les rongeurs mais il est vrai qu’il peut révéler leur présence dans les endroits où ils sont déjà installés.

Pour éviter cela nous installons toujours des bacs à compost équipés d’une tôle perforée dans le fond. Ainsi les rats et autres rongeurs ne peuvent pas s’introduire dans les composteurs en creusant des galeries. Ce système a prouvé son efficacité car nous installons ce type de bacs depuis 3 ans et depuis nous n’avons plus eu à déplorer la présence de rongeurs.

Idée reçue n°3 : Le compostage ça amène des moucherons

Les moucherons sont attirés par les déchets frais et sucrés. Il s’agit plus précisément de drosophiles, les mêmes petites mouches qui apparaissent si l’on laisse une coupe de fruits s’abîmer. Ces insectes ne piquent pas et ne nuisent en rien au processus de compostage. Cependant il est vrai que leur présence en grand nombre est désagréable.

Pour éviter cela il suffit de ne pas laisser de déchets frais à la surface du tas de compost. Pour ce faire, nous laissons toujours un petit croc à côté des composteurs pour que l’on puisse enfouir et recouvrir de broyat de bois les déchets frais après chaque apport. La griffe peut être attachée à une chaîne pour éviter les vols.

Idée reçue n°4 : Le compostage ça demande beaucoup d’entretien, personne ne voudra s’en occuper !

Le compostage est un processus naturel. Les micro-organismes et macro-organismes décomposeurs (champignons, bactéries, insectes, invertébrés, etc.) travaillent pour nous en transformant nos déchets en compost. Cependant il vrai que nous devons leur donner un petit coup de main.

Il suffit de quelques gestes simples, tels que recouvrir les déchets frais, apporter du broyat de bois ou vider le bac de compost mûr, pour que le site de compostage soit bien entretenu. Cela prend entre 20 min et 1h30 par mois en fonction des quantités. Nous conseillons que 2 personnes soient référentes pour simplifier le suivi. Elles sont formées par nos soins.



Idée reçue n°5 : Le compostage ça implique d’exclure les agrumes, la viande et tous les déchets d’origine animale.

Contrairement à l’Homme, la nature n’a pas inventé de déchets qui ne se décomposent pas. La viande, le poisson, les plats cuisinés, le fromage, les agrumes … c’est de la matière organique ! Il est cependant vrai que le compostage des déchets carnés est plus délicat. Pour bien faire il faut veiller à ce qu’ils se décomposent vite et soient correctement hygiénisés.

C’est la chaleur au cœur du tas de compost, générée par l’activité des micro-organismes, qui permet cela. Si le tas est suffisamment gros, la température peut monter jusqu’à 70°C. Mais si le tas de compost est trop petit on ne peut pas garantir que ces conditions seront toujours réunies. C’est pourquoi nous déconseillons de mettre les déchets carnés quand le site de compostage est trop petit (moins de 3 tonnes par an)1.

Idée reçue n°6 : Le compostage quand on a pas de jardin ça ne sert rien. Qu’allons-nous faire de tout ce compost ?

Pour commencer, il faut savoir que pendant le processus de maturation du compost la perte de masse est importante du fait de l’évaporation et de la dégradation de la< matière organique. Ainsi, 4 kg de déchets compostables produisent environ 1 kg de compost. Donc pas d’inquiétudes, vous ne croulerez pas sous des montagnes de compost !

De plus, le compost pourra être valorisé sur place, sur les plates-bandes ou au pied des arbres de vos espaces verts.

Idée reçue n°7 : Le compostage c’est possible seulement lorsqu’on a peu de déchets

La quantité maximale d’apport autorisée en compostage de proximité est d’une tonne hebdomadaire2, soit en moyenne l’équivalent de la production d’un établissement servant plus de 700 repas par jour. En dessous de ce seuil, la taille du tas de compost n’a de limite que l’espace que vous pouvez y dédier. A titre d’exemple, pour une entreprise qui composte les restes de repas de 30 salariés mangeant sur place, ou pour un immeuble avec 15 logements, il faut prévoir environ 5 m2 pour installer 3 bacs de 0,5m3. Pour un EHPAD avec 80 résidents il faut prévoir 12 m2 pour installer 6 bacs d’1,5m2. Les composteurs doivent être installés à même la terre.

1 Il s’agit d’un principe de précaution car, dans les faits, même si les déchets carnés ne subissent pas d’hygiénisation à haute température il ne représente qu’extrêmement rarement un danger microbiologique. En effet, la forte compétition entre les micro-organismes du compost provoque une domination des organismes décomposeurs au détriment des pathogènes.

2 Arrêté du 9 avril 2018 fixant les dispositions techniques nationales relatives à l’utilisation de sous-produits animaux et de produits qui en sont dérivés, dans une usine de production de biogaz, une usine de compostage ou en « compostage de proximité », et à l’utilisation du lisier.

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