Démêler le vrai du faux au sujet des sacs plastiques compostables

Depuis le 1er janvier, nous trouvons de plus en plus souvent dans les composteurs des sacs avec la mention « ok compost » inscrit dessus. Mais nous avons observé que, dans les faits, ces sacs ne se décomposent pas dans les conditions d’un composteur domestique. Explications :

A l’interdiction des sacs de caisse à usage unique en juillet 2016, s’est ajoutée le 1er janvier 2017 l’interdiction des sacs plastiques classiques pour les autres usages (pour les fruits et légumes, la boucherie, les blisters pour l’envoi de la presse et de la publicité …). Les seuls sacs encore autorisés sont les sacs en plastique « compostables » et constitués d’au moins 30% de matière biosourcée.

Le mot compostable est entre guillemets car, en réalité, nous constatons qu’une fois au compost ces sacs se contentent de se désintégrer en une multitude de petits morceaux qui ne se décomposent pas par la suite. Cela s’explique par le fait que les tests permettant d’établir les normes de compostabilité sont réalisés dans les conditions d’un compost fonctionnant de manière optimale et traitant de très grosses quantités de biodéchets (montée en température importante, retournements quotidiens…). Les sacs normés pour le compostage ne se composteront donc pas rapidement et invariablement dans un site de compostage domestique.
Ces sacs sont constitués en partie de matières biosourcées, c’est-à-dire de matières premières renouvelables issues de la biomasse : fécule de pomme de terre, algues, amidon de maïs… En général, les matériaux biosourcés sont plus facilement compostables. Mais ce n’est pas toujours le cas. Autrement dit, un sac composé de matières biosourcées peut ne pas être compostable. De plus, la production de polymères biosourcés utilise des surfaces agricoles et peut alors entrer en concurrence avec la production alimentaire.
Par ailleurs, les matières biosourcées représentent 30% à 80% de la composition du sac. Le reste est constitué de polymères d’origine fossile (de 20 à 70%). En conclusion, du stade de leur conception au stade de leur élimination, ces sacs ne sont pas dénués d’impacts sur l’environnement.
En conclusion, s’ils peuvent présenter une alternative pour certaines utilisations spécifiques, comme l’emballage de produits alimentaires humides, il n’est pas souhaitable que leur utilisation vienne concurrencer le développement du réutilisable. Idem pour les sacs en papier. Bien que ces derniers se compostent bien, leur impact n’est pas non plus anodin (eau et énergie utilisés pour la production et le recyclage).
La meilleure alternative pour la réduction des déchets est donc évidemment le réutilisable, et notamment les sacs en tissus. En effet, la matière même incite l’utilisateur à y accorder de la valeur, à ne pas les jeter et à les réutiliser. De plus, ils sont solides et légers et peuvent se laver. Vous pouvez en trouver de plus en plus facilement dans le commerce ou les fabriquer vous-même.
La plupart des informations présentées dans cet article sont tirées du dossier du mois de février 2016 de l’association Zéro Waste France.

 

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